Découverte

Si as atterri ici, c’est que tu souhaites découvrir un peu plus Gardriaah avant de te lancer dans son achat. Et ça tombe bien, voici un extrait du premier chapitre !


Chapitre 1 : Le Libertad

Dix ans plus tard

Pleine mer, Ayonie

Des ombres concupiscentes ondulaient sur les murs en bois de la cabine du galion. La lueur des bougies rougissait la chevelure flamboyante d’une jeune femme. Dénudée, elle avançait lascivement vers un homme avachi sur une causeuse. Ce dernier tirait frénétiquement sur sa chemise. Son tricorne délaissé gisait sur le plancher tandis que sa ceinture débouclée et une dague à la garde ciselée trouvèrent leur place sur la table de chevet.

— Par Kira… jura le capitaine en observant sa conquête.

Sa poitrine menue, sa taille svelte, ses hanches fermes, son fessier rebondi, ses cuisses charnues… Il se félicita intérieurement et se débattit de plus belle avec sa blouse. Les crépitements joueurs des chandeliers dévoilèrent un long symbole noir encré sur le flanc gauche de son inconnue. Le même que celui gravé sur la lame de son arme. Qu’importait cette coïncidence, son attention se focalisa sur les fines extrémités du dessin et le guida vers une zone qu’un gentilhomme ne pouvait scruter éhontément.

Cela tombait bien.

Il n’était pas un gentilhomme.

D’un coup, elle se retourna. Il passa la langue sur ses lèvres. Sa chute de reins l’invitait au stupre. Un lettrage tatoué ondoyait le long de sa colonne vertébrale et l’envoûtait à chaque pas. En Abyssinie, les femmes en portaient parfois. Cela ne lui déplaisait pas. Au cas particulier, il appréciait beaucoup, même. Un claquement de doigts autoritaire le rappela à l’ordre.

C’était elle. Il s’immobilisa. Une effrontée ! Petite, certes, mais impressionnante malgré son jeune âge. Il ne la contrarierait pas. Ses yeux rieurs vairons, rose et doré, l’avaient saisi lors de leur rencontre. Désormais, son regard charbonneux l’asservissait. Un sourire taquin accentué par de charmantes fossettes et rehaussé de taches de rousseur se dessina lorsqu’elle attrapa le chapeau négligé et se vêtit de ce seul atour.

— Ne suis-je pas plus désirable ainsi ? 

Elle tourna sur elle-même, laissant le capitaine apprécier sa belle peau ambrée libérée de toute entrave.

— J’aurais pas dit mieux…

La rouquine l’allongea alors sur la couche d’une main ferme et le chevaucha dans la foulée, pressant son corps contre le sien.

— J’attendais des éloges beaucoup mieux formulés… susurra-t-elle à son oreille.

Le souffle court, l’homme huma le délicieux parfum vanillé qui lui chatouillait les narines. Tout en lui hurlait cette envie d’attraper sauvagement ses formes et de se servir. Néanmoins, l’assurance de sa conquête lui intimait de rester à sa place et de se contenter d’assouvir ses désirs.

— À la tête de ce galion, tu serais…

— Lilith ! Tu…

La porte s’ouvrit, brisant l’intimité particulière n’existant qu’en présence d’un duo. Un petit cri détona. Une jeune femme aux cheveux et aux yeux roses masqua d’une main sa bouche offusquée.

— Je… Je suis désolée… murmura-t-elle, effarée, sans quitter les lieux ni détourner la tête.  

Surpris, l’homme observa sa compagne avec un intérêt nouveau.

— Lilith ? Je ne connaissais même pas ton prénom, beauté. 

— Et tu n’aurais pas dû le savoir. 

D’un geste expéditif, elle saisit l’arme délaissée et égorgea le capitaine. Puis, elle se releva, aussi peu préoccupée par les éclaboussures de sang constellant son corps que par la dépouille devant elle. Un sourire sincère anima son visage alors qu’elle caressa amoureusement la lame.

— Enfin, on se retrouve, ma belle… lui murmura-t-elle avant de l’essuyer avec les vêtements du cadavre.

À suivre…