Et si Noël existait à Gardriaah ?

Remarque préalable : cet extrait sera diffusé sur Instagram le 20 décembre !

Sur Instagram, j’ai découvert un challenge d’écriture qui demandait d’écrire une petite scène qui se déroule à Noël entre les personnages de son univers. Et l’exercice m’a bien tentée ! Pour le format Instagram, j’ai dû faire court, et j’ai également adapté le texte aux néophytes de Gardriaah (donc je ne reprends pas les titres qu’ils ont habituellement, ou les mots spécifiques de l’univers). Néanmoins, je reconnais que ce petit préambule me donne vraiment envie d’écrire une nouvelle complète ! J’espère que vous apprécierez !

Extrait

Dans le froid de Torkol, des chants résonnaient au milieu des montagnes enneigées. Cet air revenait inlassablement à cette saison. Une étrange tradition d’humains… Des cadeaux, du vin chaud, des décorations avec des créatures féériques pour un peuple qui honnissait la magie… Quelle ironie ! Mais, malgré tout, à cette période de l’année, de généreux et délicieux repas garnissaient les tables de n’importe quelle taverne. Et cela n’avait pas de prix aux yeux de Lilith. Assise sur un banc de l’une de ces auberges, près de l’âtre, la rouquine observait un cerf qui tournait lentement à la broche. L’odeur d’une sauce au vin lui chatouillait agréablement les narines. Obnubilée par ce spectacle, elle ne jeta même pas un œil à Azraël qui venait d’arriver et se glissa à ses côtés tout en ébouriffant la neige qui parsemait ses cheveux ébène. Une nouvelle mélodie enjouée envahit alors la taverne, remplaçant les habituelles chansons paillardes, au grand désespoir de Lilith. Dépitée, elle souffla quelques mots au nouveau venu.

– Tu ne trouves pas que cette fête est vraiment ridicule, Az ?  
– Qu’est-ce qui est ridicule ?
– Je sais pas… Tout. À commencer par ces chants, cette surenchère de cadeaux…
– J’ai un cadeau pour toi.

D’un coup, elle se redressa et quitta enfin des yeux la viande rôtie pour scruter Azraël. Elle arqua un sourcil, méfiante. Lui ? Non… Elle n’y croyait pas. Mais ce fut suffisant pour attiser sa curiosité. D’autant que le regard d’acier du jeune homme possédait cette étincelle amusée.

– Tu mens.
– Je ne suis pas toi, je ne mens pas si facilement.
– Tant d’agressivité, trésor… Tu ne peux pas aligner deux mots sans être désobligeant.

Sa mine retrouvait son sourire et son emphase habituelle. Immédiatement, elle posa son doigt sur ses lèvres pour l’empêcher de parler.

– Je parie que tu n’en as pas, mon ange… affirma-t-elle, sûre de son propos.
– Ce ne serait pas très angélique de générer de faux espoirs…
– Et terriblement démoniaque d’assurer une véritable déception…
– Exact. Je te laisse juge.

Sans hésiter, il plongea le bras dans la poche de son large manteau noir et plaça alors un petit paquet emballé sur la table de bois usée. Interloquée, Lilith fut étonnée de cette attention et tendit la main en direction du présent. Toutefois, immédiatement, Azraël la lui arrêta et la baisa. Un sourire amusé éclaira son visage.

– Correction. J’avais un cadeau pour toi, souligna-t-il. Mais c’est bien trop ridicule, chaton. Je ne me remettrai pas de cette humiliation. Il vaut mieux que je le garde.
– C’est une période de l’année propice au pardon. Je ne t’en tiendrai aucunement rigueur…

Pour appuyer ses propos, elle se pencha sur lui et l’incita à croiser son regard enjôleur. Il put aisément y lire sa détermination derrière l’expression espiègle qu’elle affichait.

– Tu ne me convaincras pas si facilement, souffla-t-il doucement en lui soulevant le menton.
– On parie… ?

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